Apres une journee a flaner dans le Bazard de Skardu entre un etalage de tomates-oignons, des chaussures chinoises tout en plastique,meme les lassets, les quincailleries et le bric a brac bon marche chinois, on tombe sur des petites boutiques remplies jusqu'au plafond des gentilles donations que les Western font avant de rentrer chez eux. Sachez que toutes vos chaussures de montagne en cuire se retrouvent en vente plutot qu'aux pieds de vos porteurs... Nouvelle journee de jeep pour atteindre Askole, un petit village d' une centaine d'habitants avec des champs de cereales au vert fluo. Quelques passages acrobatiques en jeep sur une route de terre alluviale accrochee a la falaise. La region est bien touchee par le tourisme de masse qui transite vers le glacier et on voit les touches des ONG a peu pres partout: des ecoles vides, des batisses inutilisee, un massey fergusson neuf,.... et l'inevitable Coca-cola. Les enfants vous pourchassent avec des ...GIVE ME PEN..... Debut de la marche sous un soleil de plomb, c'est la que le foulard que les Mlles portent depuis le debut prend toute son importance! Les paysages sont mythiques, arides, et comme dans toutes ses regions himalayennes, la population a redouble d'ingeniosite pour irriguer ses champs qui crevent d'envie de vivre dans ce desert. Jula, un camp sponsorise par un ONG qui tente la conservation de l'eau et de l'environemment. Ca ressemble a un camp militaire avec une alignee de chiottes.... C'est la que nos ennuis digestifs reprennent de l'empleur. On cuisine, fait la vaisselle et boit une eau stoquee dans des reservoires. Le lendemain, en tant que Medecin du groupe, la moitie de nos porteurs me demande une consultation pour douleurs abdo..... Paju, une etape de 10 heures de marche, la plus rude, due a la chaleur. C'est la que l'on fait notre premier jour de pause. On fait bombance, on tue les poules qui nous ont accompagnes jusque la et avec qui nous commencions a tisser des liens d'amitie... Le soir, c'est les chants, la danse.... Notre guide est chanteur a ses temps perdus, repertoire restreint mais un moment authentique avec ces Baltis! Le seul Hic, c'est cette difference de culture avec une fete entre hommes, leurs femmes restent toujours cloitrees a la cuisine et ne danse donc pas. Ici, avec les touristes, c'est l'occasion revee de se rincer l'oeil gratuitement avec des formes et des dehanchements qu'ils ne veront qu'a la TV. On attaque enfin le glacier du BALTORO, 70 Km de glace et de moraines a franchir sur un petit sentier ou porteurs, chevaux et anes se croisent sans cesse. Et avec notre avancee, on decouvre petit a petit, les Big Wall des Trango Towers, le mont Paju, et d'autre multitudes de pics enneiges ou de roche rougeatre qui nous dommines de milliers de metres" Impressionnant! Urdokas, un petit paturage vert qui dommine le glacier, des groupes de japonnais croulants, des anglais blanchatres, etc... Tout la joie de faire un trek surtouristique et accessible a n'importe qui! Moi, qui croyait rencontrer des explorateurs, des grands alpinistes! Les japonnais ont une moyenne d'age de 70 ans, ils sont tous equipes de cires jaunes ou rouges et quand leur guide souffle dans son sifflet, ils se mettent tous instantanement de cote G pour laisser la voie libre! Autre histoire de japonnais: Notre guide avait un vieux japonnais de 80 ans avant nous qu'il a du trainer au Masherbrumm base Camp. Le vieux etait tres lent et avait un peu mal a la tete. Mais il continnuait sans se plaindre. Arrive en haut, il est mort!!! Notre guide etait tres ennuye, car il a fallu le porter en bas et dans l'affaire il a brise sa montre a 1 CHF... Apres 2 autres jours de marche, on atteint CONCORDIA. Il pleut-neige, on distingue vaguement Mitre pic au dessus de notre tete et pour le reste, RIEN. Le soir, il neige et le paysage devient magique, on devinne la grandeur des sommets qui nous entourent sans les voir, la neige a recouvert les ordures et redonne un aspect immacule au lieu. Apres moultes discussions avec nos porteurs, guides, etc... On part pour Ali camp : 5000 m et derniere etappe avant le GONDOROGO-LA. Journee magnifique sur le glacier apres une matinee de neige, le ciel se degage et c'est le debut d'un spectacle grandiose. Toute la plaine glaciere se decouvre, on voit l'alignee des 8 000, le K2, les G 1-5, le Broad Peak et tous les autres! Ils sont recouverts de la tete au pied d'une fine couche de neige fraiche qui nous eblouit. Bref, un grand moment. Puis, c'est les ennuis qui commencent. Le matin tot, on est prets a partir pour le col. Les porteurs viennent nous annoncer qu'ils ne passeront pas, on cherche une solution avec le guide qui selon nous n'a jamais mis les pieds au col....et n'a aucune idee des methodes de sauvetage et des bases de l'alpinisme. C'est la que nos porteures deguerpissent en laissant tout en plan! Et la situation degenere avec une veritable baston a 5 000 m sur le glacier entre nos differents guides locaux.... En voyant partir notre guide avec le piolet qu'il a l'intention d'enfoncer dans le crane d'un porteur, je fond en larme et, comble du miracle, l'effet est surprenant: il se calme, et la situation aussi. On redescend tous penauds et troubles a Concordia . Voila, un reve s'eteint, on ne verra jamais le Gondorogo-la et il nous restera toujours un gout amere de cette experience. Mais rien ne nous enlevera ce fabuleux panorama unique au monde et qui brille encore dans nos yeux! |